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Si tu vas pas dans le désert…

T’as rien compris à ta vie : visiblement, ton évolution profonde serait top dans le sable entre deux dunes et trois bouses de chameaux.


Image divisée en deux : à gauche un désert aride sous un ciel bleu, à droite un papillon noir sortant de sa chrysalide. Le visuel oppose la mode du désert à la vraie transformation intérieure.

Bon, ça fait quand même un bout de temps maintenant, que j’accompagne, notamment les femmes. Mais y a un truc qui m’intrigue. 🤔 Depuis quelques années, si tu veux bosser sur toi. La nouvelle mode c’est : si tu vas pas dans le désert… 🌵 ben tu pourras pas « aller à l’intérieur de toi ». 🦋

Alors attention, je dis pas que le désert c’est nul hein. Ça permet sûrement d’enlever toutes les distractions que tu peux avoir par ci par là. 🌬️ On est bien d’accord. Si tu sens qu’il faut que tu y ailles, ben vas y, fais toi plaisir. 🙏

Le truc qui me tarabuste, c’est que le désert est vendu comme si c’était LA solution. Comme si tu pouvais pas faire un accompagnement transformateur ailleurs ? Or, il me semble, mais c’est peut être moi, qu’il y a plein de gens sérieux qui t’accompagnent super bien, même si tu es dans ta cuisine limite. 🍵

Puis, tu peux aller dans la montagne, c’est silencieux et majestueux aussi. 🏔️ Ou ailleurs hein.

Mais le désert ? Ben moi ça m’intrigue vraiment. Pas toi ? 😅🌵

Fleur pour faire des espaces entre mes paragraphes
Femme marchant seule dans de hautes dunes de sable, symbolisant la mode du développement personnel qui envoie tout le monde dans le désert pour “évoluer”

Je vous le disais plus haut. Depuis un certain temps, on dirait qu’aujourd’hui, si tu veux “évoluer”, tu dois obligatoirement aller :

• dans le désert, 🌵
• faire un jeûne bien sûr, 🥵
• pieds nus, 🦶
• avec 40 degrés le jour, -32° la nuit, 🌡️
• et l’odeur prégnante des bouses de dromadaires, 🐪💩 pour être spirituel.

Le désert est devenu la nouvelle carte de fidélité du développement personnel. 🎫

Tu veux comprendre ta blessure de rejet ? → Désert.
Ton abandonnite ? → Désert.
Les problèmes bancals dans ton couple ? → Désert. 💔
Ton manque de confiance en toi ? → Désert. 🤦‍♀️

C’est devenu la solution universelle. Un peu comme si le sable et les dromadaires avaient des diplômes 🎓 en psychanalyse. Que le vent, porteur d’odeur de dromadaire justement, te permettait des séances de coaching premium. 🐪💩

On ne bosse plus sur soi : on s’exporte. ✈️
On ne descend plus en soi : on traverse des dunes. 🏜️

Mais soyons honnêtes : Le désert ne sert qu’à une chose, t’enlever le maximum de bruit. 🔇 Pas t’enlever tes blessures. 💔 Ça se saurait… Enfin, il me semble, j’ai jamais été dans le désert, et je suis pas prête d’y aller c’est clair tant ça m’attire pas. 😅

Mais pourquoi devoir partir si loin ? Ça m’intrigue vraiment. Pas toi ? 🤷‍♀️

Fleur pour faire des espaces entre mes paragraphes

Parce que pour bosser sur toi, il me semble que t’as pas besoin de grimper ou de rouler en bas d’une dune. 🏜️ Enfin si ça te fait plaisir vas y.

Mais perso, depuis le temps que je fais de l’accompagnement, me semble plus important de descendre dans ta vase. Dans ton lac intérieur 🏞️, celui que tu connais déjà, mais où t’oses pas aller car ça pue trop. 💀

A moins que tu penses qu’une caravane de dromadaires va te révéler tes schémas, 🐪ou ta capacité à te regarder en face. 👀 Ou que tu vas pouvoir trouver ta voie dans une tasse de thé à la menthe. 🍵

Honnêtement, si tu y réfléchis deux minutes.
Est-ce que c’est le désert qui te demande le plus de courage ? 🤔 Ben je crois pas. A mon avis, le courage ça va être d’aller regarder ton côté obscur. 🌑

Oui je sais tout le monde te dit que t’es lumineuse. ✨ Qu’il faut aller vers ta lumière intérieure. 🌟 Mais ce discours là te fait croire que t’as des licornes et des bisounours dans ta vie. 🦄🌈🧸

Soyons un minimum réaliste.

Ta lumière, elle existe aussi parce que t’as un côté obscur. 🌞🌚 Comme le soleil et la lune, le jour et la nuit hein, pas se leurrer en pensant qu’on est juste lumineux.

Le courage, c’est donc, à mon sens, d’aller gratter dans tes abysses avec ton propre Caterpillar intérieur. 🚜🌊 Remonter tes manches, choper cette machine lourde et massive pleines pognes. 💪 Pour aller racler les couches de vieux trucs moisis dont tu veux pas entendre parler. 🦠

Le chantier, il se fait là. Dans ton quotidien. 🏠 Ton corps, tes émotions. 💗 Ta vérité que tu planques sous le tapis car tu la trouves moche. 🧹 Ta fatigue, mais aussi ta joie parfois cabossée. 💫

Partir à l’autre bout du monde, ça peut te donner de jolies photos. 📸 Mais la vraie transformation, elle n’a pas besoin de décor.
Elle se fait quand tu oses dire : “Ok, je vais là où ça fait peur.” 😨 Parce oui, aller gratter profond, ça fout les jetons sérieux. 😬

Une pelleteuse Caterpillar posée sur une dune dans le désert, avec une caravane de dromadaires en contrebas. L’image illustre l’absurdité de chercher la transformation intérieure dans le désert plutôt que dans son propre travail intérieur.
Fleur pour faire des espaces entre mes paragraphes
Montage humoristique avec des scènes du film Banzaï de Coluche et un dromadaire, superposés sur un paysage désertique. L’image illustre le décalage entre la vision idéalisée du désert et la réalité beaucoup moins glamour.

Alors, on est d’accord, le désert peut être beau. Inspirant. Silencieux. 🌅 Enfin ça c’est pour le joli côté hein.

Car perso, aller me cramer la journée 🔥 et me geler les miches la nuit ❄️… Ne pas pouvoir prendre de douche 🚿, ben oui, j’aime mon confort, j’avoue. Me trimballer genre Coluche dans Banzaï avec le dromadaire ou le chameau qui blatère. 🐪Me faire bouffer par les moustiques (toujours dans le même film hein, merci Coluche). 🦟 Avoir éventuellement la chiasse car j’ai bu ou bouffé un truc qui convient pas à mon corps. 🤢

Ben je vous le dis, perso, ça me permettrait pas de bosser sur ma sécurité intérieure ou mes blessures. Oui c’est dépaysant, mais sûrement aussi stressant. 😵‍💫

Certes, ça nous permet de dépasser nos zones connues et d’aller vers l’inconnu. 🌍 Mais est-ce que vraiment, une fois revenue, nos blessures sont cicatrisées, oubliées ? Qu’on est en mode «être» au lieu de «faire». 🤷‍♀️

J’en suis pas certaine, lorsque je constate le stress 😨 de certaines de mes clientes qui préfèrent la présence dans mon espace bien-être. 🤲 Et ne peuvent, en raison d’angoisses intenses, imaginer faire un Zoom à distance. 💻

Cela dit, peut-être que faire une randonnée dans la montagne plusieurs jours 🏔️🎒 ou les chemins de Compostelle, t’amène aussi à des prises de conscience. 💡 Te permettent d’aller gratter dans ton lac intérieur en te dépassant, sans jouer les Paris Dakar. 🏎️💨

Fleur pour faire des espaces entre mes paragraphes

Hier soir, je lisais Les chemins du sacré de Frédéric Lenoir. 📖 Ce livre est une merveille. 💛 Pour ses photos, déjà, mais aussi pour la leçon d’humilité qu’il nous donne. 🙏 Il y parle de personnes, comme Dawa Sherpa, 🏔️ Hubert Reeves, 🌌 mais aussi des peuples premiers. 🌿 De rituels faits lors de cérémonies ancestrales. 🔥

Toutes les personnes qu’il a rencontrées savent se connecter, se centrer en elles-mêmes. Se fondent avec la nature. 🍃 Savent qu’elles font partie intégrante de cette nature, qu’elles ne sont ni supérieures ni inférieures.

Les moines zazen trouvent la paix sur un simple coussin. 🧘‍♂️

Les Japonais ressentent l’âme d’un bol façonné à la main lors de la cérémonie du Thé. 🍵 Beaucoup plus que celle d’une tasse parfaite en porcelaine de la reine d’Angleterre. 👑

Les Aborigènes honorent leurs ancêtres
avec de l’ocre rouge mélangé à leur propre sang, pour que les peintures rupestres faites par les dits ancêtres, continuent à vivre. 🖐️🩸

Les naguals d’Amazonie apprennent des plantes en silence, au rythme de la forêt. 🌿🌧️ Le dernier ermite copte éthiopien vit son intériorité dans une grotte troglodyte. 🪨

Les maîtres du Kyūdō japonais, la voie de l’arc, cherchent cette voie dans un souffle, leur posture, leur présence. 🏹

Ils vivent tous, un lien vivant à la nature. 🌱 Une écoute profonde. 👂 Une présence.

Et plus je lisais, plus je me disais : Si des millions d’êtres trouvent le sacré sans jamais voir un désert… Pourquoi faudrait-il que nous, occidentaux stressés, allions là-bas ? 😵‍💫🌵

D’ailleurs tous faisaient le même constat, que justement, nous, occidentaux, avons perdu le sens de la nature. 🍂

Cela dit, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne dis pas d’aller au Japon ou en Australie, ce n’est pas le propos 🌏. L’idée c’est pas de remplacer un lieu lointain par un autre, mais de rappeler qu’on peut accéder à son intériorité de mille façons, même dans son salon ✨

Montage montrant différentes traditions sacrées : un moine zazen, une cérémonie du thé japonaise, un maître de kyūdō, un ermite méditant dans la nature, des peintures rupestres aborigènes et un paysage australien, posés sur un fond rappelant un jardin zen. L’image illustre la diversité des chemins d’intériorité.
Fleur pour faire des espaces entre mes paragraphes

Je me pose la question en voyant fleurir toutes ces propositions sur les réseaux. Le désert 🏜️ est présenté comme le Graal. L’endroit idéal pour pouvoir faire un travail intérieur sur soi.

Mais as-tu réellement besoin du désert, quand à mon sens, nous n’avons besoin que d’une seule chose pour commencer notre vrai chantier : nous… toi.

En tournant les pages, de ce fabuleux livre hier, j’ai réalisé, même si je le savais déjà, que l’intériorité est un état. Qui se cultive aussi bien dans une forêt auvergnate 🌲, un monastère zen 🧘‍♀️, ou autour d’une tasse imparfaite mais pleine d’âme 🍵.

Le monde peut bien t’emmener dans le Sahara 🐪 ou en Mongolie : si tu ne descends pas en toi, tu ramèneras juste du sable dans tes chaussures. Et de belles photos 📸 je te l’accorde. Sûrement aussi de belles rencontres avec des gens simples et généreux et des dromadaires ou chameaux 🐫.

Mais peut être qu’en fin de compte, avec tous ces beaux paysages et ces belles rencontres, tu n’auras pas le courage, une fois rentrée chez toi, de prendre ton caterpillar 🚜 pour gratter dans ton lac intérieur.

T’en penses quoi toi de tout ça ? T’es déjà partie dans le désert ? Ça t’a apporté quoi ? T’as déjà pris ton courage à deux mains pour regarder ton côté obscur en face 🌒 ? Utiliser ton caterpillar 🚜 ?

Perso, suis jamais allée dans le désert, mais mon côté obscur 🌑 je l’ai bien rencontré et mon caterpillar bien utilisé. Peut être qu’un jour, j’irais dans le désert pour faire des rencontres de dromadaires et voir de beaux paysages 🌄 🏝️.