Savoir dire « Non » et se choisir !
Tu voulais dire non. Pourtant, t’as encore dit oui. Et si le vrai problème n’était pas le « non », mais tout ce qu’il vient réveiller derrière ?
On te demande un truc. T’as pas envie. T’as pas le temps. Parfois même, tout ton corps te dit « NOOONNN ». Et qu’est-ce que t’entends sortir de ta bouche ? « Oui, bien sûr. »
Avec sourire crispé qui dans ta tête fait : Et merde.
Deux minutes après, tu t’en veux déjà. Pas forcément à l’autre d’ailleurs, enfin parfois si car il sait où appuyer pour t’arracher ce « oui ». Mais surtout tu t’en veux à toi. Car ce foutu « non », tu l’avais là, il allait sortir, tu le sentais. Mais il a fait flop, parce qu’entre ce que tu ressens et ce que tu oses dire, y a parfois tout un tas de choses qui viennent se foutre au milieu.
La peur de décevoir. Celle de passer pour quelqu’un d’égoïste. La peur du conflit. L’envie de faire plaisir. Le besoin d’être aimée, reconnue ou simplement de ne pas faire de vagues.
Alors tu dis oui.
Et à force de dire oui aux autres quand quelque chose en toi crie non, tu finis parfois par ne même plus savoir ce que tu aurais choisi, toi.


Pourquoi ce foutu « non » te reste coincé dans le corgnolon ?
Bah t’en sais rien car bon si t’y réfléchis, dire « non » ça paraît pourtant simple. Trois lettres. Une syllabe. Pas besoin d’avoir fait huit ans d’études. Et pourtant…
Depuis notre enfance, nous apprenons à être gentils, serviables, polis, conciliants. Particulièrement lorsqu’on est une petite fille. D’ailleurs, c’est quand même vachement bien vu de penser aux autres avant de penser à soi. Sinon t’es égoïste hein.
Alors forcément, poser une limite bah franchement ça peut devenir beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. Parce que derrière un simple « non », il peut y avoir tout un tas de questions :
Qu’est-ce qu’on va penser de moi ?
Est-ce que je vais le blesser ?
Est-ce qu’on va encore m’aimer ?
Est-ce que je ne suis pas un peu voire carrément égoïste ?
Et voilà comment un « non » parfaitement légitime se transforme parfois en « oui » qui te fait gerber car prononcé à contre-cœur.
Quand ta bouche dit oui et que tout le reste dit non
Le plus drôle, enfin, façon de parler, c’est que notre corps, lui, n’est pas toujours aussi diplomate. T’as dit oui, mais intérieurement ça serre. Tu sens la contrariété monter jusqu’à la colère parfois. T’as ton crocodile qui ramène sa fraise avec des ruminations genre : mais pourquoi tu as encore accepté hein ?
Pis t’as cette sensation d’avoir dit oui avec la bouche pendant que tout le reste de toi faisait non de la tête. Et d’un coup, bim torticolis. Bah oui t’es bloquée du cou. Alors au début c’était intérieur, mais comme ton corps te parle, ben il te le montre physiquement hein. Malin ton corps et intéressant d’écouter la symbolique. Même si c’est pas toujours la première chose à laquelle penser. Quoi que.
Le problème n’est donc pas seulement d’apprendre à prononcer le mot « non ». Il est aussi d’apprendre à entendre ce qui se passe en nous avant d’arriver au moment où nous en voulons à la terre entière d’avoir accepté quelque chose dont nous ne voulions pas.

À quoi dis-tu oui quand tu n’oses pas dire non ?
C’est là, à mon sens, que les choses deviennent intéressantes. Parce que derrière certains de nos « oui », y a parfois autre chose que de la gentillesse.
Peut y avoir la peur de décevoir. Le besoin d’être utile. Celui d’être reconnue. La peur d’être rejetée. Une vieille habitude familiale. Une croyance bien installée qui nous raconte qu’une « bonne personne » doit être disponible pour les autres.
Et c’est justement là que j’aime aller regarder. Pas simplement apprendre à dire « non » plus fort. Mais comprendre pourquoi ce non est si difficile à sortir.
Parce que tant qu’on ne regarde pas ce qui se joue derrière, on peut apprendre toutes les jolies phrases d’affirmation de soi du monde…
Au moment où Tata Jacqueline te demande ENCORE un truc alors que tu n’en peux plus, ton magnifique « je respecte mes limites » peut rapidement redevenir : « Oui, pas de souci. » Sourire crispé et boule au ventre, mais trop tard t’as dit oui.
Se choisir ne veut pas dire envoyer chier tout le monde
Se choisir ne signifie pas devenir subitement imperméable aux besoins des autres. Foutez-moi tous la paix, je fais ma life et je veux plus entendre parler de vous. Bah bien sûr que non. Ça ne veut pas dire non plus répondre « non » par principe. Comme les petits enfants, vers 18 mois-2 ans, qui disent non à tout parce qu’ils viennent de découvrir ce mot, qu’ils commencent aussi à s’affirmer et qu’en plus, parfois, ils voient bien que ça te contrarie… et ça les fait marrer.
Et heureusement sinon c’est la foire à la saucisse hein.
Il y a aussi des « oui » que nous avons profondément envie de donner. Des services qui nous font plaisir. Des moments où nous choisissons consciemment de faire passer quelqu’un avant nous.
La différence est là : choisir.
Dire oui parce que j’en ai envie n’a pas la même saveur que dire oui parce que je n’ose pas dire non. Et parfois, se choisir peut justement consister à dire oui. L’important est peut-être de commencer à reconnaître ce qui vient réellement de nous et ce qui vient de la peur, de l’habitude ou de ce que nous pensons devoir être.



Et si la culpabilité débarque quand même ?
Parce qu’elle peut débarquer, c’est clair. Tu crois pas que ton croco va la fermer hein, pas son genre.
Bon t’as enfin dit non. T’étais décidée. Tu savais que c’était juste pour toi. Et cinq minutes plus tard :
J’aurais peut-être pu faire un effort…
Elle va croire que…
Quand même, je pourrais…
Après le hamster dans ta tronche, bah te voilà prête à rappeler la personne pour transformer ton magnifique « non » en « bah finalement j’ai réfléchi, peux pas te laisser dans la merde, donc oui, OK ».
La culpabilité ne signifie pourtant pas forcément que nous avons pris une mauvaise décision. Elle peut aussi nous montrer que nous sommes en train de faire quelque chose de différent. De sortir d’une habitude. De ne plus répondre exactement comme nous l’avons toujours fait.
Et ça, forcément, ça peut secouer un peu.
Se choisir sans choisir contre l’autre
Dire « non », bah tu comprends bien que c’est pas nécessairement rejeter quelqu’un. Poser une limite ne signifie pas aimer moins. Je te parlais des petits qui disent non à tour de bras. Ben ils cherchent aussi à s’affirmer, à montrer qu’ils ont leur propre volonté, tout en cherchant leurs limites.
Pis se choisir ne signifie pas que les autres ne comptent plus du tout, pas dire de connerie non plus.
Peut-être c’est juste commencer à nous inclure dans l’équation. Nos besoins comptent et nous devons les nourrir. Notre fatigue compte et peut être important de l’écouter hein. Nos envies comptent, tout comme nos limites.
C’est clair que plus nous apprenons à les reconnaître, moins nous avons besoin d’attendre d’être épuisés, frustrés ou en colère pour les faire entendre.
Parce qu’au fond, savoir dire « non », ce n’est pas apprendre à fermer toutes les portes. C’est apprendre à choisir celles que nous avons réellement envie d’ouvrir.
Du coup, ne penses-tu pas que parfois, derrière ce petit « non » qui nous paraît si difficile à prononcer, il y a simplement un grand « oui » à soi-même.

Et toi, tu sais dire non ?
Ou il veut pas sortir et tu dis oui à la place ? Je sais, c’est pas facile hein quand on a fait ça toute sa vie.
Sache quand même que si t’as du mal à le mettre en place, bah c’est aussi ce que je fais en accompagnement : apprendre à se choisir.
Ça te parle ? Ben appelle-moi. Et si après notre discussion, tu veux dire non à mon accompagnement, bah écoute ton choix. Ce serait quand même un comble que je te fasse tout un article sur le sujet pour essayer ensuite de t’arracher un oui. 😂
Par contre, si tu passes ta vie à dire oui alors que tout ton être crie non… peut-être qu’il y a deux ou trois trucs intéressants à aller détricoter derrière.
Enfin moi je dis ça, je dis rien. 🪷