De quoi j’en peux plus ?
Tu dis «j’en peux plus». OK. Mais de quoi, vraiment ? Et si le vrai problème n’était pas celui que tu as sous le pif ? Et si t’allais gratter derrière pour comprendre ce qui te pèse ?
Bon l’autre jour je faisais une actualité sur le : jusqu’où j’en peux plus. Car il est vrai que parfois, on en peut plus, mais ça fait des semaines, des mois, 5, 10, 30 ans. ⏳ Et malgré notre lassitude, on sait pas dire : ça suffit vraiment. Nous continuons encore et toujours avec ce qui nous pèse. Et puis en fait, nous ne savons pas dire au juste : de quoi on en peut plus non plus. 🤔
Alors je vais pas te faire un remake de Martine à la plage, la campagne ou va au marché, avec mon : j’en peux plus. 😂 Mais cette question m’a semblé quand même intéressante.
Tu peux ne plus en pouvoir de ton voisin qui passe sa tondeuse ou joue de la perceuse tous les week-end. 🛠️ Te pourrit tes jours de repos avec le bruit. Cela dit, et même si certains vont jusque chez Julien Courbet, peux-tu vraiment agir dessus pour que ça cesse ? Peut-être, mais pas certaine.
Et puis tu peux aussi, ne plus en pouvoir de tout gérer, de bouffer tes émotions. D’être la sauveuse number one de ta famille voire de tout le quartier. 🦸♀️ De réitérer encore et encore les mêmes histoires que tu penses avoir réglées mais qui reviennent par la fenêtre. 🪟 De savoir que tu devrais faire un truc, sans réussir à le faire. Car c’est sûr qu’il faut un sacré courage pour y arriver et t’arrive pas à franchir ce pas là. C’est ok, c’est un constat pas une critique hein. 🪷

Bah oui, sais tu vraiment de quoi t’en peux plus ? 🤔
Parce que bon dire : j’en peux plus, ça reste une phrase. Comme je te le disais dans l’autre actualité, j’ai rencontré une personne qui disait ça depuis 30 ans. ⏳ Mais lorsque je lui ai demandé de quoi elle en pouvait plus, bah elle arrivait pas à répondre.
Alors ça peut être un seul truc hein, t’en peux plus de ton poids. Ok, mais le poids est il vraiment le sujet ? On est bien d’accord que tu respires moins bien, que tu te sens coincée dans tes fringues. Que tu prends une taille quand tu bois un verre d’eau et que t’en peux plus. Mais si en fait, c’était autre chose à aller gratter derrière. 🔎
Et si en fait, bouffer calmait ce qui chafouine ? Si c’était un manque tellement énorme, qu’il est devenu gouffre et que tu le remplis pour pas souffrir ?
Bon on est d’accord qu’après t’es au bout de ta vie car t’es plus remplie qu’une outre, t’as mal au bide et tu culpabilises. En prime, tu t’es humiliée plein pot, donc retour de boomerang. 🪃
Ça peut prendre aussi la forme de j’en peux plus de mon boulot. 💼
Bah ok, mais en fait est-ce réellement le boulot en lui-même ?
- Est-ce que ce sont tes collègues ? Enfin y en a probablement une, la vérole de service, qui te soule. Pas se leurrer y en a toujours une comme ça. 😈
- Ou de toujours accepter les tâches des autres ?
- De ne jamais dire non ou de ne pas te sentir reconnue ? Je lisais un bouquin l’autre jour de Laetitia Colombani, où la meuf était avocate car ses parents l’avaient voulu. Du coup toi, as-tu choisis ton boulot ? Pour plus en pouvoir de lui ?
Tu peux dire aussi, j’en peux plus de ma famille. 👨👩👧👦 Mais de quoi précisément ?
- D’être sollicitée tout le temps ?
- D’être celle qui arrange tout et à qui on vient raconter les tiraillements pour qu’elle apaise avec sa diplomatie ?
- De tout prendre sur les épaules, façon Iron woman 🦸♀️, car t’entends : t’es forte toi ? et de ce fait, de ne jamais demander d’aide ?
- D’avoir construit toi-même, parfois depuis 30 ans, la place de celle qui gère ? Bah c’est pas une critique hein, je sais de quoi je parle, je l’ai tellement fait. Pis comme je te le répète souvent, génération «marche ou crève», on a appris comme ça et on continue. 💪



Et si c’était un tout 🌪️
Bon après ça peut être tout groupir hein. T’es à saturation totale du boulot, de la famille, de ton mal-être dans ton corps, que tu sois ronde ou trop maigre hein.
Car plus haut je te parlais de poids, mais ça peut être aussi que tu bouffes pire qu’un doberman, mais que tu prends pas un gramme. Que du coup t’en chies pour faire des trucs physiques car ce sont tes nerfs qui tiennent le truc. Mais qu’au moindre truc, t’es flagada complet, sans réserve. 🪫
Parce qu’en fait, on accumule les choses plein pot. 🧱 Bien sûr la vie vient en rajouter une couche.
Dans un bouquin de Paulo Coelho, je lisais l’autre fois l’histoire en plusieurs petits épisodes de Manuel. Homme libre mais excessivement occupé, tellement qu’il en oublie de vivre. Il se retrouve à la retraite un peu abasourdi car il se rend compte qu’il n’a rien fait de son temps, que travailler, qu’être occupé. ⏳
Dans une autre petite histoire, le même auteur dit à un journaliste qui lui demande quelle sera son épitaphe, réponse : «Il est mort tandis qu’il était en vie». Paulo Coelho explique que cela peut paraître un contresens, mais qu’il connaît beaucoup de gens qui ont déjà cessé de vivre alors qu’ils sont là, sur cette terre. 🌍

Et pendant que t’en peux plus… combien de temps passe ? ⏳
Et c’est bien là aussi le problème. Tu peux parfaitement savoir que quelque chose ne va plus. Que ça te bouffe, que ça te pèse, que t’en as ras le chakra couronne. 👑 Pour te dire, tu peux même savoir ce que tu devrais faire pour que ça change.
Mais tu le fais pas. 🫣
Parce que c’est pas le moment, parce que t’as trop de boulot. Pis les enfants ont besoin de toi. Parce que ta mère, ton père, ton conjoint, ta voisine ou Jean-Eudes ont besoin de toi aussi. En plus t’as peur de te planter, de faire du mal. De prendre une porte dans la tronche. Au final, même si t’en peux plus, tu connais ce merdier-là par cœur. Ceci dit, et peut-être tu le vois toi aussi hein, l’inconnu fait parfois encore plus peur. 😨
Alors tu reportes. 📆
Tu te dis que tu verras quand ça ira mieux. Quand les enfants seront plus grands. Quand tu seras moins débordée. Que t’auras perdu 10 kilos. Que t’auras plus de sous. Voire quand le boulot sera plus calme. Bref, quand tu te sentiras prête.
Sauf que parfois, le fameux bon moment, bah il vient jamais. ⌛
Car pendant que t’attends, la vie, elle, continue tranquillement sa route. Les semaines passent, les années aussi. Tes gamins grandissent et s’en vont. Ton corps change. Les gens autour de toi vieillissent, toi aussi d’ailleurs. Certains disparaissent. Et tout ce que tu remets à plus tard reste là, en suspens.
C’est probablement ça qui m’a interpellée dans ce que racontait Paulo Coelho. Cet homme tellement occupé à faire tout ce qu’il avait à faire qu’il en avait finalement oublié de vivre. 🌱
Alors évidemment, je suis pas en train de te dire de tout envoyer valser demain matin. De plaquer ton boulot, ton conjoint, de vendre ta baraque et d’aller élever des chèvres dans le Larzac. 🐐 En plus le Larzac, c’est aride, pelé, vide, y a pas un pélot à des kilomètres, ça te ferait un trop gros changement. 😂
Cela dit, peut-être que tu peux simplement te demander : combien de temps encore j’ai envie de vivre avec ce truc dont je dis que je n’en peux plus ? 🤔
Parce qu’à un moment, savoir de quoi t’en peux plus, c’est bien. Mais savoir ce que tu vas en faire, ça change quand même légèrement la donne. Enfin moi je dis ça, je dis rien. 😏



Identifier de quoi t’en peux plus, c’est déjà commencer à détricoter 🧶
Parce que « j’en peux plus », finalement, ça veut tout et rien dire.
- J’en peux plus de ma vie.
- J’en peux plus de mon boulot. 💼
- J’en peux plus de mon poids.
- J’en peux plus de ma famille. 👨👩👧👦
- J’en peux plus de la société.
- J’en peux plus des cons autour de moi (bah je te rappelle qu’on est le con de quelqu’un, soit dit en passant). 😏
Tu peux en enfiler plein pot des « j’en peux plus ». Et c’est OK. T’as carrément le droit de plus en pouvoir. Mais tu fais quoi avec ça ? 🤔
Ben pas grand-chose, parce que c’est tellement énorme que tu sais même pas par quel bout attraper le merdier. Genre t’es les poubelles qui dégueulent dans les grandes villes, quand les éboueurs sont en grève. 🗑️ Alors je vais pas te dire que d’un claquement de doigt, tu vas pouvoir régler ce mal-être qui te ronge. Bah non, pas dire n’importe quoi non plus.
Pourtant, tu peux tranquillement commencer à gratter un peu derrière le truc qui ressort. 🔎
Souvent, on voit le truc qui nous emmerde en grosses lettres : poids, fardeau, tout gérer, être la dernière roue du char. J’en passe hein, la liste n’est pas exhaustive, tu peux compléter avec ce qui te vient.
Ça, j’ai envie de te dire que c’est une conséquence. Le gros truc que t’as sous le pif et qui prend toute la place. Mais si tu vas gratter derrière, y a souvent une cause de base. Une blessure, une émotion, une croyance. Ce que ton crocodile 🐊 t’a montré pour que tu puisses rentrer dans les cases bien carrées de l’éducation, de la société.
Te dire que c’est facile. Bah non évidemment, pas dire des conneries, c’est un gros chantier, c’est clair. 🏗️ Mais dans mes accompagnements, je constate qu’en allant chercher cette cause, ça devient déjà plus précis.
Et ton «j’en peux plus» :
- D’être celle qui règle les problèmes de tout le monde.
- Ou de dire oui alors que tout ton corps hurle non.
- De te jeter sur la bouffe, ou de faire limite la grève de la faim dès que quelque chose secoue à l’intérieur.
- De faire ce boulot que t’as choisi à 18 ans, ou que quelqu’un a peut-être choisi pour toi, et qui ne te ressemble plus du tout aujourd’hui.
- Ou encore de repousser cette conversation que tu sais pourtant nécessaire.
Bon là, tu vois bien que c’est plus tout à fait pareil. Parce que tu ne regardes plus ton vieux pull plein de nœuds et de trous en te disant : putain, je commence où ? Tu viens d’attraper un fil qui dépassait. 🧶 Et quand t’attrapes un fil, tu peux commencer à détricoter.

C’est clair que tu vas pas forcément tout régler dans la semaine hein 🗓️
Pas dire de connerie non plus. Un truc qui dure depuis des années, va falloir un peu de temps pour arriver à le détricoter complet. 🧶 Pis on va éviter de passer de «j’en peux plus» à Super Jamie du développement personnel qui a entendu, avec son oreille bionique, que tu peux réparer ta vie avant dimanche soir. 🦻😂
Mais regarder. Comprendre. Voir depuis quand c’est là. 🔎 Pourquoi tu continues même si t’es à bout et que ça te pèse pire qu’une enclume. Ce que ça nourrit ou ce que ça évite. Ce qui te fait peur si tu changes quelque chose.
Peut-être aussi découvrir au passage que ce dont tu pensais ne plus pouvoir n’était que la partie visible du truc. Parce que parfois, derrière un «j’en peux plus», il y a surtout un besoin qu’on n’écoute plus depuis très longtemps. 🫥
Une limite qu’on n’a jamais posée. Un choix qu’on n’a jamais osé faire. Un manque qu’on essaie de remplir comme on peut. Ou quelque chose qu’on sait depuis longtemps mais qu’on n’a encore jamais eu le courage de regarder vraiment en face. 🪞
Alors peut-être que la question n’est finalement pas seulement : de quoi t’en peux plus ? 🤔
Mais aussi : qu’est-ce que ton « j’en peux plus » essaie de te dire depuis tout ce temps ? 💬
C’est ce que je décortique en accompagnement. T’as lu cette actualité et tu te dis que c’est toi tout craché. Le «ça suffit» tape carrément à ta porte ? 🚪 Ben écoute, contacte-moi, on voit si sur ce coup-là, je peux te guider pour détricoter le ou les trucs qui te font chier depuis trop longtemps. 🪷