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Créer du lien… ou simplement chercher à vendre ?

T’as déjà eu l’impression d’être sur un marché avec un camelot qui te vend ses casseroles et qui t’en rajoute ? Bah moi quand les gens me disent qu’ils veulent créer du lien, j’ai parfois l’impression de vivre ça…


Sur un marché, un poissonnier crie pour vendre son poisson, un marchand présente trois clés dorées et une femme rousse les observe, perplexe.

Tu connais Ordralfabétix, dans Astérix ? Celui qui braille derrière son étal : «Il est frais, mon poisson !» 🐟

Bah parfois, sur les réseaux, j’ai l’impression de retrouver le même personnage : «Il est beau, mon accompagnement ! Il est beau !» 📣 Bon là, je parle d’accompagnement, mais c’est pour tout hein. Pas non plus croire que ça s’arrête à un seul truc.

Pourquoi je te parle de ça ? Ben parce que parfois, sur les réseaux, tu reçois une invitation «blanche», comme je dis. Ou un mail qui te dit que t’as méga de la chance, la meuf est formatrice en massage et te propose d’élargir ton métier ?? 🤨 Bah oui Germaine, mais je suis déjà formatrice en massage, t’as vu mon profil ou bien ? 🙄

Dans le marketing, dans les réseaux professionnels ou sociaux, et même dans notre vie quotidienne, on te dit qu’il faut créer du lien. Bah je suis bien d’accord. Mais au fond, qu’est-ce que ça veut dire, créer du lien ? 🤔

Ajouter quelqu’un à sa liste de contacts ? Lui envoyer trois messages sympathiques avant de lui proposer son produit ? Ou prendre réellement le temps de découvrir la personne qui se trouve en face de nous ? Parce qu’entre créer du lien et se servir du lien, pour moi y a un fossé !

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Une femme rousse aux yeux marron doré découvre une invitation Facebook de Marcel, qui lui propose aussitôt ses trois clés dorées.

Récemment, j’ai reçu plusieurs invitations sur Facebook. Des invitations blanches, sans un mot, sans une explication. Forcément, perso, j’aime bien savoir qui rentre dans mon univers. Bah oui, je connais pas la personne, mais elle m’invite. Alors, j’envoie un petit message : «Euh salut, pourquoi moi ? Qu’est-ce qui a motivé cette invitation ?»

Souvent, j’ai zéro réponse, bon bah je laisse. Pis t’as les réponses, genre, nous nous sommes croisés lors d’un réseautage. La personne a apprécié une de mes interventions, ou elle a simplement envie de garder le contact. Bah ça, c’est ok, ça change la donne. 😊

Bon, tu l’auras compris, c’est pas l’invitation qui me dérange. C’est cette manière de vouloir entrer dans la vie des autres sans même prendre le temps de leur dire bonjour. Un contact, ce n’est pas encore une relation.

Quant au mail qui te propose, pour créer du lien, de te former au massage prénatal. Tu vas me dire que tu vois pas le problème ? Ben écoute, je suis formatrice en massage prénatal, donc voilà pourquoi ça me titille un brin. 🙄

Avant d’automatiser des mails qui parfois disent : «Bonjour [prénom]», si si, je l’ai eu ça, c’est topissime. 😂 Peut-être aller voir ce que font les gens, non ? Enfin moi, je dis ça, je dis rien.

Mais est-ce que ça te paraîtrait logique d’envoyer un mail à un boulanger pour lui apprendre à faire le pain ? 🥖 Non ? Bah voilà, c’est pareil pour les autres métiers, me semble-t-il ?

Quand le lien devient un argument de vente

Après, t’as l’autre grand classique. «En fait, j’adore créer du lien, j’aime découvrir les gens, leur univers, faire de belles rencontres.» 💕

Ah bah top, ça tombe bien, moi aussi. Je remercie, je dis bienvenue dans mon univers, échangeons. Et là, bim : au fait, j’ai une offre exceptionnelle ??? 💥 Mais Marcel, tu veux créer du lien ou me vendre ton truc ? Car pour moi, c’est pas la même chose hein.

Que ça soit bien clair entre nous : vendre, c’est ok. T’as le droit de proposer ton truc, c’est sûr. Mais si tu le fais façon coup de pelle dans la tronche, à mon sens, t’as moins de chance de le vendre. Surtout avec moi car ça, c’est le truc qui me hérisse. 😤 Quand t’es entrepreneuse comme moi, ben effectivement, t’as des trucs à vendre. Ou à proposer, c’est certain. Perso, j’ai des accompagnements et des formations, et j’ai besoin de les vendre pour faire vivre mon activité. C’est ok et normal.

Par contre, me dire que tu veux créer du lien et me balancer ton truc à la tronche dès trois mots échangés. Bah pour moi, c’est pas créer du lien.

C’est faire semblant de vouloir connaître quelqu’un alors que ton véritable objectif est simplement de lui vendre ton truc ? Et ça, ben ça ressemble vachement à une stratégie déguisée, non ? Pis mal emballée en plus, mais c’est mon point de vue. T’as le droit d’en avoir un autre. 😉

Comme ceux qui te disent : «Bah j’agrandis mon réseau et comme j’ai vu passer ta trombine ??» Ben ok, mais du coup, cette invitation m’apporte quoi à moi ? Car toi, j’ai bien compris que tu agrandis ton réseau, mais dans l’histoire, je vois pas bien ce qu’à moi, ça va m’apporter en plus ? 🤷‍♀️ Hormis devoir lire tes publications qui peut-être m’intéressent pas. Bah quoi, faut être claire et dire les choses non ?

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À l’inverse, j’ai récemment échangé avec Cédric, rencontré dans un contexte professionnel, il y a un certain temps. Nous avions déjà échangé, bien sûr, et nous nous suivons sur les réseaux. Mais là, on avait décidé de passer 15-20 minutes à prendre des nouvelles.

En fait, nous avons passé plus d’une heure à jacter. De nos parcours, de nos métiers, de nos expériences, de nos manières de voir les choses. Une vraie conversation, avec de la curiosité, de l’écoute, de l’humour et des échanges spontanés. Pas de catalogue à dégainer. Pas de proposition commerciale cachée derrière une question sympathique. 😊

Nous avons simplement pris le temps de nous connaître. À la fin de l’entretien, Cédric me dit : «Mais tu te rends compte, on avait dit 15-20 minutes, on a passé une heure et on s’est rien vendu !» Ma réponse : «Bah voilà mec, on a créé du lien, du vrai lien.» Tu savais ce que je faisais, mais pas vraiment clairement, maintenant tu sais. Je savais que t’avais pris une autre branche, ben maintenant je sais aussi pourquoi.

Tu vois la différence ? Ne pas chercher immédiatement ce que l’autre peut nous apporter, mais commencer par découvrir qui il est. Et ça, pour moi, c’est le plus important. ❤️

Ça veut pas dire qu’on en restera là. À un moment, peut-être que j’aurai besoin des services de Cédric et inversement. Du coup, bah j’irai en toute confiance, ou j’enverrai la personne idem.

Et si nous faisions la même chose dans nos relations personnelles ? 🤔

Parce que cette façon d’entrer en relation ne se limite pas aux réseaux sociaux ou au monde professionnel. Dans une famille, une amitié ou un couple, il arrive aussi qu’on écoute l’autre en attendant quelque chose en retour. Ou même en préparant sa réponse, son conseil.

Une approbation, un service, une attention. Une preuve d’affection. Ou simplement qu’il réponde à nos attentes, qu’il aura d’ailleurs comprises en mode télépathique hein. 🔮

T’as remarqué ça ? Le mode télépathique qui ferait que la personne en face de toi saurait à coup sûr ce dont tu as besoin. Que toi, des fois, tu sais même pas ce dont t’as besoin d’ailleurs. Fin de l’aparté. 😂

Revenons à nos moutons. Dans plein de relations, sommes-nous en train de rencontrer l’autre tel qu’il est ? Ou cherchons-nous à le faire entrer dans le rôle que nous lui avons attribué ?

Et à l’inverse, combien de fois acceptons-nous de jouer ce rôle pour ne pas déplaire, pour être appréciés ou pour conserver une relation ?

À force de vouloir maintenir certains liens, nous pouvons finir par nous éloigner de nous-mêmes. Non ? T’en penses quoi toi ? T’as déjà eu l’impression qu’on te demandait de jouer un rôle ? Par exemple, celle qui sait organiser les choses ? Ou celle qui va gérer tout bien, elle a l’habitude ? Je te laisse compléter la liste hein, elle est pas exhaustive. 😉

Une femme rousse et un homme discutent au téléphone. Une heure plus tard, ils rient, les pieds sur leurs bureaux.
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Trois scènes illustrées : une femme rousse débordée par les tâches familiales, une femme de 62 ans qui quitte son foyer et une fillette partagée entre son rêve d'institutrice et les corvées de la ferme.

Dans mes accompagnements, cette question revient sous différentes formes. Des femmes qui donnent beaucoup, qui sont présentes pour tout le monde. Qui savent écouter, rendre service, répondre aux attentes. Elles ont tellement l’habitude de donner en permanence que c’est comme une seconde peau. Tout le monde trouve ça normal d’ailleurs, à commencer par elles. Rien n’est remis en cause, c’est toujours Madeleine qui organise les anniversaires, Noël, Pâques ou autre. Elle gère ça tellement bien.

Ouais, c’est clair. Mais en fait, est-ce que Madeleine sait où elle se trouve dans toute cette organisation ? Dans ces relations qui font qu’elle porte tout sur les épaules, car si elle organise pas, qui le fait ? Bah personne en général. Pis dans ces relations où elle a appris à préserver le lien avec les autres aussi. Quitte à taire ses besoins, ses émotions ou ses limites.

Car bon, dans le lot, bah y a la peur qui s’insinue hein, comme d’hab. Ton crocodile 🐊 qui arrive ventre à terre : «Si tu le fais pas, qui le fait ?»

Pis la donne a changé, alors les autres te regardent en fronçant les sourcils : «T’as changé, non ? Tu deviens égoïste.» Et toi, tu culpabilises car oui, t’en peux plus, mais tu sais pas comment te prioriser. Surtout, tu sais pas comment faire pour pas blesser les autres.

Quand toi, t’as des plaies à la tronçonneuse qui pissent le sang, mais bon, c’est pas grave hein. Un pansement Mickey ou Petite Sirène et ça ira bien. 🩹

Celle qui a décidé de poser son rôle

Parfois, il suffit qu’une personne décide de ne plus jouer le rôle qu’on attend d’elle pour que tout son entourage perde ses repères.

Une amie m’a envoyé une petite histoire. Une femme de 62 ans a décidé de divorcer après 30 ans de mariage. Ses enfants sont outrés, un de ses fils dit à son frère : «Va lui dire qu’elle détruit la famille, ça se fait pas.»

Alors le fils prend son courage à deux mains et va voir sa mère. Il est plein de ressentiment, de colère, il lui en veut d’agir de la sorte. Mais au cours de la discussion, il comprend que sa mère est usée. Qu’elle a donné, donné et encore donné à sa famille, en s’oubliant toute sa vie. Alors là, maintenant, elle a décidé de prendre soin d’elle. ❤️

Le rôle qu’on n’a pas eu le temps de choisir

Mais parfois, on n’a même pas le temps… de choisir le rôle qu’on va jouer. La vie, les circonstances et les attentes familiales s’en chargent à notre place.

Dans un bouquin, j’ai lu l’histoire d’une gamine de la campagne, après la Première Guerre mondiale. Première de sa classe, certificat en poche, elle obtient une bourse pour devenir institutrice : plus de labeur à la ferme, comme sa mère, qu’elle voit s’échiner à s’occuper de tout le monde sauf d’elle. Puis sa mère meurt, elle a 13 ans. Son beau-père, hargneux, la garde à la ferme : elle doit élever ses trois frères et sa petite sœur, tout juste née, et reprendre tout ce que faisait sa mère. La lessive, les repas, la récolte des patates et des fruits, le magasin. Sa mère avait choisi cette vie et s’y plaisait. Elle, elle n’en voulait pas, et elle n’a pas le choix. Son rêve s’envole. Les liens de l’école se délitent, et elle n’osera jamais les renouer, tant elle a honte. 💔

Deux histoires, deux époques, deux parcours différents. Mais une question commune : quelle place reste-t-il à nos propres aspirations lorsque notre vie s’organise autour des besoins des autres ?

Et si créer un lien authentique commençait par cela : oser être soi, sans chercher à plaire à tout prix ? ✨

Pouvoir dire non sans craindre de perdre l’autre. S’autoriser à exprimer ce qu’on ressent. Pouvoir être en désaccord sans considérer que la relation est menacée. Parce qu’un lien dans lequel il faut constamment s’effacer pour garder sa place mérite peut-être qu’on s’interroge sur ce qui nous y retient.

Fleur utilisée comme interlude visuel entre les paragraphes

Finalement, que ce soit dans notre vie professionnelle ou personnelle, la question reste la même : est-ce que je m’intéresse réellement à la personne qui se trouve en face de moi ?

Ou est-ce que je m’intéresse surtout à ce qu’elle peut m’apporter, au rôle qu’elle remplit dans ma vie, à ce que j’attends d’elle ?

Parce que créer du lien, c’est pas seulement apprendre à connaître quelqu’un. C’est aussi accepter que cette personne évolue, change d’avis, fasse des choix différents des nôtres. Et parfois, qu’elle ne corresponde plus à l’image que nous avions construite d’elle.

C’est clair qu’on change au cours d’une vie. Parfois, les gens s’en aperçoivent, d’autres fois pas du tout. Ils se sont fait une idée de nous, qui n’est pas nous. Les suppositions aident aussi, notre crocodile 🐊 est très fort pour se prêter à ça. On crée dans notre tête des faits qui ne sont pas en lien avec la personne elle-même. Paradoxal, non ? Enfin moi, je trouve.

Du coup, toi, la prochaine fois que tu voudras créer du lien avec quelqu’un, vas-tu te demander : «Est-ce que j’ai vraiment envie de découvrir cette personne, ou est-ce que j’attends quelque chose d’elle ?» 🤔

La réponse pourrait bien changer ta manière de créer du lien. Et peut-être aussi ta manière de te relier à toi-même. ❤️

Bon là, tu me vois venir, bah oui, je suis accompagnante, et je te propose d’en parler avec moi. Mais là, pas d’invitation blanche, pas de «Il est beau, mon accompagnement !» à la Ordralfabétix. 🐟 Même si en fait mes accompagnements sont vachement beaux, hein, faut le dire. 😊

Je te le dis cash : si ces questions te travaillent, viens, on jase. Et si t’as pas envie, c’est ok aussi. Faire un pas vers soi, ça ne se fait pas en un claquement de doigts, mais ça commence souvent par une conversation.