Accueil Actualités Génération marche ou crève : on gérait tout, mais à quel prix ?

Génération marche ou crève : on gérait tout, mais à quel prix ?

Toi aussi, avant tu gérais les enfants, le boulot, la maison et les besoins des autres. Jusqu’au jour où tu te poses la question : et moi, de quoi ai-je besoin ?


Femme tenant la cinquième roue « Moi » devant un char chargé de responsabilités, dominé par le mot « Faut » et son crocodile intérieur.

Dans l’actualité précédente, je te parlais de nos limites et du fait qu’elles évoluent avec le temps. Et justement, garder mon petit-fils de deux ans pendant quinze jours m’a fait réfléchir à quelque chose. Souvent je t’ai parlé de cette génération marche ou crève dont je fais partie, où on gérait tout. Mais à quel prix ? 🤔

J’en parlais avec une cliente il n’y a pas longtemps. Nous nous disions : mais comment faisions-nous pour absorber autant de choses à faire. Une évidence a fait surface : nous étions beaucoup dans l’intendance. Parce que nous avions appris hein, pas non plus se jeter la pierre.

Alors pourquoi je te parle de mon petit fils. Ben parce que m’occuper de lui n’a pas représenté une intendance phénoménale. Mais parce que mon crocodile intérieur 🐊 a reconnu une ancienne musique : penser aux repas, aux couches, au linge, au bain. Surveiller, anticiper, organiser ma journée autour des besoins d’un enfant…

Et quelque part, il m’a soufflé : « Euh… on recommence comme avant, ou bien ? » 😳

Bah non mon coco. Mais cette sensation m’a fait repenser à cette génération de femmes dont je fais partie. Celle que j’appelle, je te l’ai déjà dit : la génération marche ou crève.

Parce que merde, qu’est-ce qu’on en faisait des choses sans vraiment se poser de question. Fallait quoi ! Du coup, serre les dents, les miches et avance. 💪

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Deux femmes illustrent la génération du « il faut » : l’une nettoie sa gazinière à 22 h, l’autre repasse son linge à 5 h du matin.

Il fallait travailler. Faire les courses. Préparer les repas. Gérer les enfants. Les rendez-vous, l’école, les activités. Faire le taxi. S’occuper du linge, du ménage, car forcément la maison devait être nickel chrome. 🧹

Et on faisait. 💪

Personnellement, il m’arrivait souvent de nettoyer ma gazinière à 22 heures, car faut qu’elle soit propre, là maintenant. Puis la baignoire à 22 h 30. Ben oui je viens de prendre ma douche, du coup j’en profite pour passer un petit coup, ça mange pas de pain hein. 🙄

Ma cousine, elle, repassait son linge à 5 heures du matin. Bah il fait plus frais et puis les enfants dorment, donc elle était tranquille.

Bon, personnellement, le repassage à 5 heures, à 30 berges, même pas en rêve. 😂 Je te l’ai déjà dit, je suis pas du matin. Donc avec un fer à repasser dans les mains, probablement que j’aurais pu être dangereuse si tu me parlais un peu fort. 😈

Mais derrière ces exemples presque caricaturaux, il y avait surtout une manière de fonctionner : si quelque chose devait être fait, on trouvait le moyen de le faire. De le caser dans la journée.

Et la variable d’ajustement, bien souvent, c’était nous. 🫠

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Nos enfants avaient des besoins. Notre conjoint avait des besoins. Notre travail, ses exigences. La maison également. Même cette foutue gazinière semblait avoir des besoins. 😅

Et nous ? 🤔

Bah on verra après. Quand tout serait terminé. Quand on aura le temps, parce que là, faut pas rester les deux pieds dans le même sabot. Y a du taf hein, faut, y a toujours un truc à faire. Qui peut pas attendre d’ailleurs. ⏳

Donc tu l’auras compris autant dire que jamais tu prends du temps pour toi. Pis si t’en prends un peu, tu culpabilises à mort car : t’as pas fait. 😬

Bon cela dit, nous ne nous demandions pas nécessairement : «Est-ce que je peux encore faire ça même si je suis cuite ?». Non malgré la fatigue, ben faut faire. Alors hardi petit. 💪

Ou : «De quoi ai-je besoin ?». 🤷‍♀️ En fait et je le constate souvent quand j’en parle avec mes clientes. On ne connait pas nos besoins. On tente, la plupart du temps de nourrir ceux des autres. En leur apportant d’ailleurs, ce dont nous, nous avons besoin. Cependant, prendre conscience que nous répondons avec nos propres besoins ne nous vient pas à l’esprit. Une fois de plus, pas se taper sur la tronche avec une pelle, nous n’avons pas appris.

Quant au : «Est-ce vraiment indispensable aujourd’hui ?». Ben là non plus, faut faire, donc on fait. C’est comme ça. Phrase qu’on a entendue depuis des lustres et qui vient des générations de femmes, qui devaient… bien avant nous.

Et nous avancions. Même épuisées, car faut, faut, faut. 🪫

Une femme répond aux besoins des enfants, du conjoint, du travail et de la maison, tandis qu’elle attend son propre tour.
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Une femme distribue bouées et gilets de sauvetage à des personnes qui nagent tranquillement, tandis qu’elle-même finit par se noyer.

Ça fonctionnait. Enfin… en apparence. 👀 Parce qu’être capable de supporter énormément ne signifie pas nécessairement que ce que nous supportons est bon pour nous.

Du coup, il est évident que dans toute cette intendance nous avons été souvent énervées. 😤 Parfois injustes avec nos enfants ou notre conjoint. Encore plus injustes avec nous-mêmes. Car ne pas reconnaitre sa fatigue et tirer jusqu’à l’épuisement, ben pas forcément le top.

Pour ma part, ayant appris à être la «sauveuse» 🛟, comment te dire que pas tendre la main quand quelqu’un est dans les emmerdes. Ça n’a aucun sens. Va falloir trouver une solution, envoyer de la compassion. Même si on me l’a pas demandé d’ailleurs, hein. Je t’en parlais là aussi dans l’actualité précédente.

Pouvoir apporter à l’autre ce dont il a besoin, même si en vrai, t’as aucune idée de ce dont il a besoin. 🤷‍♀️ Car pas se leurrer non plus. Si nous avions nous, besoin d’ordre, sans en être consciente. Ben forcément nous allions apporter de l’ordre à notre entourage en récurant la maison du sol au plafond. Même si notre entourage avait besoin de sécurité, de reconnaissance ou de tendresse. ❤️

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Ah la tendresse, cette grande oubliée d’ailleurs. Car derrière toute cette organisation : nous prenions soin des nôtres. A notre façon.

En faisant à manger pour montrer notre amour. 🍲 En trimballant nos enfants partout. Parce que nous les aimions et voulions qu’ils aient des activités extra scolaires et qu’ils s’épanouissent. Puis nous lavions, rangions, anticipions, organisions parce que nous voulions qu’ils ne manquent de rien. Mais dans toute cette intendance, qui en quelque sorte était une façon de dire «je t’aime», prenions nous vraiment le temps de nous poser.

Bien sûr, je disais et je dis encore «je t’aime» à mes garçons. ❤️ Je jouais aux lego et au playmobils avec eux, quand j’avais un peu de temps. Oui lire aussi des histoires, mais vite fait.

Cela dit, était-ce suffisant ? 🤔 Pas certaine, car j’étais tellement occupée par cette intendance, que je n’ai probablement pas pris assez de temps pour ces petits moments. Et puis, maintenant avec le temps qui passe, je me dis que j’ai fait au mieux avec ce que j’avais reçu. Car dans les générations avant la mienne, ben dire «je t’aime» c’était encore moins évident.

Quand dire « je t’aime » ne s’apprenait pas

Ma mère m’a dit «je t’aime» pour la première fois lorsque j’avais quarante piges. ❤️ Pas qu’elle m’aimait pas avant hein, pas dire n’importe quoi. Mais elle savait pas le dire. Elle non plus n’avait pas reçu ça. Pourtant, quand mes garçons étaient petits, elle me disait qu’elle trouvait formidable que je sache leur dire.

Et puis elle a appris à le dire à ses petits-enfants dans un premier temps. Avant de réussir à nous le dire avec des mots à ma sœur et moi. 🌱

Finalement, peut-être avons-nous été une génération charnière. Nous avons gardé une partie du «aimer, c’est prendre soin et faire», tout en apprenant à mettre davantage de mots sur l’amour.

Mais parfois, nos enfants ont surtout vu ou eu une mère occupée. D’ailleurs, certains ont pu ressentir un manque d’amour alors que leur mère passait justement sa vie à s’occuper d’eux. Mais à sa manière, car il me semble, que les gestes du quotidiens sont des actes d’amour autrement dits.

Mais bon, bien se dire aussi qu’un enfant ne parle pas forcément couramment le langage de l’intendance. 💭

Une mère prépare le repas et s’occupe du linge pendant que son enfant attend un moment avec elle, entouré de petits cœurs.
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Une femme hésite entre un chemin chargé de tâches et un autre consacré à son temps, ses envies et ses projets.

Les enfants grandissent. Ils quittent la maison. L’intendance diminue. Nous prenons conscience que nous ne sommes pas des Cendrillon en puissance hein. 👑 Nous lâchons des trucs qui étaient méga importants, il y a des années, et qui maintenant le sont beaucoup moins.

Progressivement, quelque chose d’étrange arrive : nous récupérons du temps. ⏳ Pas nécessairement pour ne rien faire. Nous travaillons encore, avons des projets, des obligations, une maison, une vie.

Mais nous découvrons que nous pouvons parfois choisir de lire un livre 📖 plutôt que nettoyer la baignoire. Laisser des draps dans la panière à linge quelques jours, en faisant une plus grosse machine plus tard. Décider qu’une chose sera faite demain.

Et surtout, nous commençons parfois à nous demander : «Et moi, de quoi ai-je besoin ?» 💭 Alors quand nous regardons en arrière, une question arrive : Mais comment je faisais tout ça ?

Étions-nous vraiment plus fortes ? 💪

C’est tentant de regarder les générations suivantes et de penser : «Mais enfin, nous faisions dix fois plus !» D’autant que certaines jeunes femmes nous demandent elles-mêmes : «Mais comment tu faisais ?»

Et pourtant, je ne crois pas que la réponse soit simplement : nous étions plus fortes. Peut-être avions-nous surtout appris à supporter davantage. À ne pas nous écouter, à considérer la fatigue comme normale. À supprimer notre temps personnel plutôt qu’une tâche de notre liste.

Je lis actuellement un bouquin où la petite fille Madeleine, 9 ans, se rebelle un peu car son frère a le droit de ne pas faire. Alors qu’elle, sa mère lui dit de venir l’aider tout le temps. Pour qu’elle comprenne où était le rôle d’une femme. Le bouquin se passe dans les années 60-70. On apprenait ainsi.

Et si les priorités avaient simplement changé ? 🔄

Aujourd’hui, certaines femmes font un autre choix. Elles suppriment une activité, utilisent le drive. Demandent davantage à leur conjoint ou décident simplement qu’elles n’ont pas envie de tout assumer. Et peut-être est-ce justement là que les modèles évoluent.

Les réseaux sociaux ont aussi créé d’autres activités. 📱 Nous, nous n’avions pas les réseaux sociaux, les plateformes ou un téléphone dans la main. Impossible de chatter, scroller ou regarder des dramas. Aujourd’hui, certaines jeunes femmes prennent du temps pour ça.

Et finalement, pourquoi pas ? Là où nous remplissions facilement une heure disponible avec un «pendant que je suis debout, je vais faire ça», elles peuvent choisir de l’utiliser autrement. Je ne dis pas qu’un modèle est meilleur que l’autre. Je constate simplement que notre rapport au temps et nos priorités ont changé.

Parce que savoir tout faire n’oblige pas à tout faire.

A l’inverse, d’autres tentent encore aujourd’hui de suivre le modèle de la génération marche ou crève. Ayant vu leur mère se démener, elles font pareil, car le schéma est ancré. Une de mes clientes me disait que sa fille coupe ses bordures de jardin, le soir quand ses gamines sont couchées. Qu’elle s’épuise à tout faire encore et encore, alors qu’elle n’en peut plus. Mais elle suit le modèle. 🔁

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Aujourd’hui, je pourrais travailler le soir lorsque mon petit-fils est couché. Je ne le fais pas, je préfère prendre mon livre. 📖 J’ai besoin de ce sas et j’écoute mon besoin. De même que je pourrais nettoyer immédiatement la chambre devenue libre après le départ des personnes qui m’ont rendu visite. Elle attendra quelques jours.

Et ce n’est pas parce que je suis devenue incapable de faire ce que je faisais autrefois. Non, je n’ai simplement plus envie de me sacrifier pour réussir à tout faire. 🙅‍♀️

Je lisais l’autre matin le post d’une copine qui disait qu’elle partait en voyage. Sa valise n’était pas prête, elle avait encore mille choses à faire. Mais, elle était hyper contente parce que le ménage de sa maison était fait pour son retour. 🧳

Perso, je faisais ça il y a des années, avant de partir en vacances. Maintenant ça n’est plus le cas. La poussière va se déposer pendant que je ne suis pas là. Les araignées vont faire leur toile dans les coins, même si je ne suis pas là. 🕸️ Et quand je reviens, je dois tout refaire. Alors je m’économise. Attention suis pas en train de dire que je pars avec ma maison crado, ça non bien sûr. Mais elle ne brille plus comme un sous neuf.

Tu vas me dire que peut-être que nos capacités n’ont finalement pas tellement changé. Mais peut-être aussi que ce sont nos priorités, comme nos limites, qui ont changé. 🔄

S’inclure enfin dans l’équation 🪷

Je me rappelle que ma grand-mère paternelle balançait toujours sa main par-dessus son épaule. Ça nous faisait marrer et on se disait, mais vraiment elle se fout de tout. 😂 Ben maintenant j’y repense avec le sourire, car je fais pareil. Pas que je m’en foute de tout, mais j’ai appris à m’inclure dans l’équation.

Après avoir passé des années à être la cinquième roue du char, certaines d’entre nous découvrent enfin quelque chose d’essentiel. Nous avons le droit d’avoir une place dans notre propre vie. ❤️

Et toi, t’es toujours la cinquième roue du char ? Ou t’as appris à écouter tes besoins, et tu t’inclues dans l’équation de ta vie ? 🤔

T’arrives pas à t’inclure dans l’équation, car il «faut» toujours ? Ou peut-être que tu sais déjà tout ça. Tu sais que tu devrais ralentir, déléguer, t’écouter davantage. Mais dès que tu essaies, il y a toujours ce «faut» ou ce «tu dois» qui ramène sa fraise avec ton crocodile 🐊 en mode. T’as pas le choix : faut que… et puis que… et faut encore que… Forcément, avec tous ces «faut» ben toi, tu repasses encore après.

Si tu te reconnais là-dedans et que t’as envie d’en parler, contacte-moi. Ça me fera plaisir d’échanger avec toi. Parce qu’entre savoir qu’on devrait se prioriser et réussir réellement à le faire, il y a parfois quelques grosses couches de merdasse à aller gratter. 🪷