Et si on apprenait à faire le tri sélectif de notre sac à merdasse ?
Qu’est-ce que tu trimballes dans ton sac à merdasse? T’es sûre que tout t’appartient? Tu peux pas le vider un peu en comprenant pourquoi tu l’as rempli ras la gueule?
Bon je te parle souvent de notre sac à merdasse. Métaphore hautement explicite de ce qu’on peut se trimballer sur le paletot. Cela dit, je te parle rarement d’apprendre à faire le tri de ce fameux sac, même si j’en parle en accompagnement. 🎒
C’est clair, qu’on apprend à le remplir dès notre petite enfance. On y fourre nos frustrations, blessures, émotions, colère, tristesse. Bref toutes nos merdasses, nos chagrins, nos joies aussi hein pas déconner. Puis on apprend à se le traîner façon boulet à la cheville. Et on le remplit encore et encore. Parfois il dégueule carrément, mais on continue tout de même à le remplir. 🧱
Le truc c’est qu’on sait pas bien le vider. Ou plutôt, on croit que l’important c’est juste de le vider, même si on sait pas comment s’y prendre. Sauf qu’avant de tout balancer, faudrait peut-être regarder ce qu’il y a dedans et apprendre à faire un peu le tri.
Alors bon comme tu le sais on fait le tri sélectif dans nos poubelles hein. Vas-y je te mets le verre là, le plastoc ici, ça dans la poubelle grise, ça dans la jaune. Quand tu vas à la déchetterie, t’as la dame qui surveille que tu foutes bien dans le bon truc. Du coup, bah voilà pourquoi ça m’est venu de t’expliquer comment on peut faire aussi le tri sélectif dans notre sac à merdasse. ♻️


Qu’est-ce qui est vraiment à moi ?
Imagine quelqu’un te dit ou te fait un truc et bim, ça te troue le cul. Tu te sens blessé, en colère, triste, rejeté, pas reconnu, pas entendu. Bref ça te met dans tous tes états.
Première réaction possible : c’est la faute de l’autre. Quel con celui-là, quelle purge celle-là, il ou elle m’a fait du mal. Bon déjà là, tu remplis ton sac hein. 🎒
Alors oui, peut-être c’est la faute de l’autre. Ce qu’il ou elle t’a dit était maladroit, pas très diplomate. Ça manquait de tact et c’est venu appuyer sur une de tes blessures. Et c’est ok, hein, tu peux pas te prendre un coup de pelle dans la tronche en pensant de suite que c’est top.
Pourtant après coup, tu peux aussi aller voir pourquoi ça t’a fait autant réagir. Parce que si ça vient te chercher aussi fort, c’est que ton crocodile 🐊 ramène sa fraise, c’est sûr. Tu sais bien qu’il la ramène tout le temps, peut pas s’en empêcher. Une vieille blessure s’est réveillée. Un besoin n’a pas été entendu ou un vieux truc que tu trimballes depuis des lustres. Mais que tu sais même pas ce que ça vient foutre ici.
Et ça, bah c’est à toi. Ça veut pas dire que l’autre avait raison, qu’il pouvait te parler comme une merde ou faire n’importe quoi.
Ça veut juste dire que tu peux aller regarder ce que ça vient toucher chez toi. Pis surtout ce que tu veux en faire maintenant.
Car bon rester en mode Calimero, il m’a foutu un coup de pelle, ça va 5 minutes. Ceci dit franchement ça sert à que dalle, t’en conviendra. Non ? Tu trouves que ça t’apporte quelque chose ? Ben quoi alors ? Quel est le bénéfice de rester en mode Calimero ? Je suis curieuse de connaître ta réponse.

Qu’est-ce qui appartient à l’autre ?
On va mettre les choses au clair, car attention hein, le développement personnel version «si ça te touche, c’est forcément ton problème», bah non. Déjà une relation ça se passe à deux, le comportement de l’un peut amener le comportement de l’autre, oui.
Mais l’autre aussi a son sac à merdasse. Lui aussi a ses blessures, ses peurs, ses croyances, son Croco perso 🐊 et tout son merdier. Bon on est d’accord que parfois, il vient gentiment essayer de t’en refiler une partie. C’est tellement plus pratique, hop tu pointes du doigt et t’es limite hors de cause. Pffff bah non ça se passe pas vraiment comme ça, on est humain hein, pas l’oublier non plus.
Donc oui, tu peux aller regarder pourquoi son comportement t’a touché et ce que ça raconte chez toi. Cela dit ensuite faut aussi savoir rendre à César ce qui appartient à César. Si l’autre a chié dans la colle, ben il a chié dans la colle point.
T’es pas obligé de récupérer sa merdasse. Ni de la ranger soigneusement dans ton sac et de te la trimballer pendant les vingt prochaines années. Ça, c’est à lui. Retour à l’envoyeur. 📦
Je te raconte une anecdote : quand j’étais secrétaire médicale.
Je suis dans mon bureau avec une collègue, venue me voir exprès de Riom. On bossait toutes les deux pour les mêmes gastro-entérologues. Un mec se pointe au guichet, je me lève, lui demande ce qui l’amène. Là, il me déballe qu’il a eu un accident de moto l’année d’avant, qui l’a mis en piteux état. Que le toubib qui l’a reçu aux urgences était un gros pignouf, qu’heureusement qu’il a été muté je ne sais où car maintenant il est réparé. Mais hôpital de merde et je t’en passe car le mec me déballe sa life et sa colère pendant 15 minutes.
Je l’écoute calmement, j’entends sa colère, mais elle m’atteint pas. À la fin de sa diatribe je lui dis : j’espère que ça vous a fait du bien de lâcher tout ça, car visiblement ça vous pesait. Cela dit, je ne pense pas être la bonne personne. Si vous voulez directement parler au toubib et lui dire ce que vous avez sur la patate, poussez la porte sur le côté il bosse aujourd’hui. 🚪
Le mec est muet, puis s’excuse, reconnait que oui j’étais pas la bonne personne. Mais il gardait ça dans son sac à merdasse depuis un an, avait besoin de le dire et bim c’est moi qui ai pris.
Ma collègue était scotchée : « mais Mumu t’es restée d’un calme olympien, j’aurais jamais pu avec les insultes qu’il a débitées. Il y a été fort. »
Bah oui, c’est clair, mais d’une part ça m’appartenait pas donc je me sentais pas atteinte. D’autre part, suis pas certaine que le mec en me déballant tout ça, s’est senti mieux en fin de compte. Sur le coup, probablement oui hein. Mais important, pour bien vider son sac à merdasse, bah on doit s’adresser à la personne concernée.



Qu’est-ce qui m’appartient mais ne me sert plus ?
Après y a tous les trucs qui sont bien à nous, ou qui l’ont été, mais qui ne nous servent plus aujourd’hui. Parce qu’on a développé des mécanismes pour se protéger, soutenus à fond par notre crocodile. Se taire, encaisser, tout contrôler, ne rien demander à personne, faire plaisir, se rendre indispensable. Ne surtout pas montrer qu’on va mal, se débrouiller toute seule parce que bon, génération marche ou crève hein. 🛡️
Alors on est bien d’accord que peut-être à un moment de ta vie ça t’a servi. Peut-être même que ça t’a permis de tenir debout. Bon d’accord avec une armure blindée d’Iron Woman, pour pas montrer tes émotions. Salut la blessure d’injustice qui te fait passer pour une personne froide et distante, alors que t’es un caramel mou à l’intérieur. Pas la peine de te flageller en te demandant pourquoi t’as fait ça pendant trente ans. T’avais probablement tes raisons. T’as appris comme ça et tu savais pas faire autrement.
Mais est-ce que t’en as encore besoin aujourd’hui ? Parce que si la réponse est non, bah tu peux peut-être arrêter de remettre ce truc qui t’emmerde dans ton sac. Merci, ça m’a servi. Maintenant poubelle. Ou cramage en règle si t’as envie de faire un grand feu de joie. 🔥
Bien sûr que si t’es pas consciente de ce truc-là, tu peux pas t’en débarrasser, normal. Pas non plus dire n’importe quoi. Je te le rappelle notre conscient c’est environ 4 %, l’inconscient 96. Donc tu vois que y a des trucs qui te restent obscurs. D’ailleurs c’est dans ces 96 % que ton crocodile patauge allègrement avec ses ruminations hein. L’est malin, va pas te présenter les merdasses sur un plateau pour que tu puisses faire ton tri sélectif d’un coup d’œil. 🐊

Et si on apprenait à moins remplir notre sac ?
Parce qu’au fond c’est peut-être là que ça devient vraiment intéressant. Au début, ton sac pèse trois tonnes, il dégueule de partout et tu peux plus avancer avec. Pis petit à petit, à force de regarder ce qu’il y a dedans, tu commences à reconnaître les trucs. 🎒 Ah tiens, celle-là je la connais :
- Ça c’est ma peur d’être pas assez.
- Celle-là c’est ma blessure d’injustice.
- Ah bah là tiens c’est mon Croco qui s’excite dans son marigot. 🐊
- Euh ça par contre, c’est pas à moi.
- Et ça, merde, pourquoi je suis encore en train de le remettre dans mon sac alors que je pensais l’avoir viré ?
À force de faire le tri, tu repères plus rapidement ce qui est en train de se passer. Bien sûr ça veut pas dire que ton sac va se vider pour toujours. Ben non t’es humain, du coup oui y a des trucs que tu repères plus vite, mais tu vas quand même le remplir.
Pas croire que plus rien te touchera. Ou que tu vas devenir un être totalement éveillé lévitant à douze centimètres du sol avec le chakra couronne illuminé. T’es humain hein. 👩


Forcément tu vas encore vivre des trucs
Te prendre des gamelles, avoir peur, être en colère, te sentir blessé. Parfois hop, tu remets une vieille merdasse dans ton sac. Mais peut-être que cette fois, au lieu de la trimballer pendant quinze ans, tu vas la repérer plus vite et te demander : 🎒
- Est-ce que c’est à moi ?
- Est-ce que c’est à l’autre ?
- Est-ce que ça m’est encore utile ?
- Et qu’est-ce que j’ai envie d’en faire maintenant ? 🤔
Finalement, faire le tri sélectif et vider notre sac à merdasse, c’est peut-être pas essayer de tout faire disparaître. En même temps faut être lucide, c’est pas bien possible de vivre au pays des licornes. Cela dit, c’est apprendre à garder ce qui nous appartient et qu’on a encore besoin de regarder. Rendre aux autres ce qui leur appartient, important ça. Enfin virer ce qui ne nous sert plus. Bon après, à mon sens l’important c’est surtout apprendre, petit à petit, à reconnaître ce qu’on est en train d’y remettre.
Parce qu’une vie sans merdasse, bah ça existe pas. On est sur terre pas dans les contes de fées de Walt Disney. Mais une vie où on arrête de tout trimballer, ça, ça s’apprend. 🪷
Bon si t’as envie d’apprendre à faire le tri sélectif de ton sac à merdasse, bah écoute c’est ce que je fais en accompagnement. T’en peux plus qu’il soit rempli pire qu’une benne à ordures quand les éboueurs sont en grève, ben contacte-moi. On cause de tout ça et on voit comment je peux t’accompagner pour l’alléger.