Accueil Actualités Et puis le silence s’installe et on ne sait pas quoi en faire

Et puis le silence s’installe et on ne sait pas quoi en faire

Au début, le silence peut faire du bien. Au fil du temps, il prend toute la place. On voudrait le rompre, mais après des semaines ou des années, que peut-on encore dire ?


Deux personnes séparées par un profond fossé qui s’est creusé au milieu de leur cuisine.

Une cliente me dit : « avec ma fille c’est très compliqué. Nous sommes toujours en bisbille, mais je ne sais pas ce que j’ai fait ni ce qu’elle me reproche. Puis d’un coup, le silence s’est installé et maintenant je ne sais pas quoi en faire. Je n’ose pas le rompre car j’ai peur de morfler encore, mais il me pèse ». 🤐

Bah oui, car au début, parfois, y a même pas de silence.

Y a juste un message auquel on ne répond pas tout de suite. 📱 Une conversation qu’on remet à plus tard. Un désaccord qu’on préfère laisser refroidir. Une parole qui nous a blessé. 💔 Ou simplement plus grand-chose à se dire à ce moment-là.

Alors on laisse passer une journée. Puis deux. Puis une semaine. Et sans vraiment savoir quand ni comment, le silence est là, installé.

Il peut arriver dans un couple, entre deux amis. Entre un parent et son enfant. Dans une fratrie. Entre des personnes qui se sont beaucoup aimées et qui ne savent soudainement plus comment se parler.

Le plus étrange, c’est qu’au début ce silence peut même faire du bien. Plus besoin de s’expliquer, de se défendre, ou de trouver les bons mots. Enfin un peu de calme. On souffle, ça fait du bien car y avait trop de bruit. 😮‍💨

Oui mais voilà. À un moment, il commence à devenir pesant ce silence. Si l’on s’est séparé de son conjoint, la liberté qu’on croyait avoir trouvée devient une solitude compacte, lancinante. Quand c’est avec un enfant ou un ami, de chaque côté, on n’ose plus, de peur de faire mal ou de souffrir. 😔

Qu’est-ce qu’on fait de ce silence quand il commence à prendre toute la place ? 🤔

Fleur pour faire des espaces entre mes paragraphes

Il y a le silence dont on a besoin pour réfléchir. 🤔 Celui qui permet de ne pas balancer des mots que cinq minutes plus tard, on regrette : mais pourquoi je l’ai pas fermée. 🤐

Y a celui qui nous protège quand parler ferait encore plus mal. Celui dont on a besoin pour se recentrer. Dans un bouquin de Laure Manel que je viens de lire, l’une des femmes a besoin de silence, d’être seule. Et c’est ok. 🧘‍♀️

Mais il y a aussi celui qu’on utilise pour punir, qui attend que l’autre fasse le premier pas. Qui dit «tu m’as blessée» ou «je suis vexé comme un pou», sans jamais prononcer la phrase. 😒

Bon celui-là je l’ai bien connu et il peut durer longtemps hein. Surtout si pour une fois, la personne qui fait le premier pas d’habitude, veut plus le faire. Car ras le bol, de passer l’éponge. 🧽

Peut-être existe-t-il aussi un silence encore différent, que personne n’a vraiment décidé. On ne s’est pas dit : «À partir d’aujourd’hui, on se parle plus.» Non, on a simplement arrêté de parler.

Et parfois, celui-là devient énorme sans qu’on l’ait vu grandir. Il a souvent des côtés oppressants car nous ne savons pas quoi en faire. Moi le film qui m’a raconté ce silence là c’est : Le Chat. Avec deux monstres sacrés du cinéma : Simone Signoret et Jean Gabin.

Un couple âgé assis à la même table détourne le regard et reste enfermé dans le silence.
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Une mère et sa fille adulte, vivant dans deux maisons voisines, hésitent chacune à écrire un message à l’autre.

Parce qu’après quelques jours, on peut encore envoyer un message presque comme si de rien n’était. 📱 Genre j’étais occupée mais ta daa me revoilà. 😁

Le hic, c’est qu’après plusieurs semaines ? Plusieurs mois, voire plusieurs années parfois ? Qu’est-ce qu’on écrit ?

«Salut, ça va ?» Bah non forcément, car on n’est pas très à l’aise. Ça fait cheveu sur la soupe. On peut pas vraiment faire comme si le silence n’avait jamais existé. Car il est là, comme un fossé infranchissable. 😶

Est-ce qu’on explique tout ? Mais quoi si on sait pas vraiment pourquoi l’autre est entré dans le silence ? 🤔

Revient-on sur ce qui s’est passé ? Là encore comment ? Surtout si l’on ne sait pas non plus, en toute bonne foi, pourquoi le silence existe.

Est-ce qu’on s’excuse ? Et de quoi exactement ?

Puis une autre question peut arriver : pourquoi ce serait encore moi qui ferais le premier pas ? 🙄

Alors chacun reste de son côté avec ses raisons, ses blessures, sa fierté, ses peurs, ses incompréhensions. Et le silence continue. Pas forcément parce que personne ne veut le rompre. Peut-être simplement parce que personne ne sait plus comment faire. 🤷‍♀️

Car ça demande du courage de faire un pas quand ça fait des mois ou des années que le silence remplit tout l’espace. 🫶

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Quand l’autre ne parle plus, nous n’avons plus ses mots. Alors notre tête comble les trous. 🧠 «Il s’en fout.» «Elle ne veut plus me voir.» «Qu’est-ce que j’ai fait qui a pu contrarier». «Il m’en veut encore.» «Si elle voulait me parler, elle le ferait.» «Pis pourquoi ça serait moi qui devrait hein» 🙄

Mouais, peut-être, mais peut-être pas. 🤔

Parce qu’en face, il y a peut-être aussi quelqu’un qui se raconte exactement la même chose. Pas se leurrer non plus. Nos crocodiles sont actifs plein pot. 🐊 Quand ils ont un truc à se caler sous la dent, bonjour les ruminations et les suppositions. Sont hyper fortiches dans leur genre pour se faire des gros films, 🎬 qui, la plupart du temps n’ont d’ailleurs rien à voir avec la réalité.

Et c’est là que le silence peut devenir sacrément trompeur. Nous finissons par répondre non plus à ce que l’autre nous dit, puisqu’il ne dit rien, mais à ce que nous imaginons qu’il pense. Tu vois le truc ? 😏

Sacré bordel hein pour quelques mots qui n’ont jamais été prononcés. 🤐 Bah oui, l’être humain dans toute sa splendeur et son paroxysme.

Une mère et sa fille imaginent chacune différents scénarios, projetés par leur propre crocodile réalisateur.
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Une mère avance prudemment vers sa fille protégée dans une bulle, sur un chemin dont les dalles deviennent fragiles.

Parce que c’est super facile de dire : «faut communiquer hein.» 🗣️

Bah oui. Merci Josiane. 😏 Mais parler demande aussi d’aller regarder ce qu’on préférerait laisser planquer sous le tapis. 🧹

Comme la peur d’être rejetée. De ne pas être entendue ou comprise. La colère qui est toujours là et qui couve en mode lave sous le volcan. 🌋 Alimentée par notre crocodile qui titille plein pot. 🐊 Une blessure qu’on croyait digérée mais qu’est toujours coincée dans le corgnolon.

Ou simplement la possibilité que l’autre ne réponde pas comme nous l’espérons. Cette peur qui remonte du bide, envahit la cage thoracique et le gosier en faisant gloups. 😨 Et si je disais encore un truc qui le ou la blesse, si je faisais encore un impair.

Bien se dire aussi que tant que nous ne disons rien, quelque chose reste suspendu. Ce n’est ni vraiment terminé, ni vraiment réparé. Ça reste dans une espèce de truc qui flotte, comme une vacuité. 💭

Et aussi inconfortable que ce soit, cet entre-deux peut sembler moins dangereux que la réponse que nous pourrions recevoir. 😶

Car on marche sur des œufs parfois hein. 🥚 On a voulu dire ou faire un truc, mais on s’est vautré correctement car on n’a pas eu le bon comportement. Les bons mots. Du coup on se méfie de nous-mêmes et on n’est plus vraiment naturel c’est clair.

T’es pas certaine ? Bah écoute je l’ai vécu et je te dis que t’sais plus comment prendre les choses. Limite t’as que des mains gauches et les neurones qui crament.

Fleur pour faire des espaces entre mes paragraphes

Bon ça, je crois que c’est super important hein. Car parfois on se fait encore des films 🎬 en se disant : « Bah aller j’y vais et on verra bien. »

Oui mais, reprendre la parole ne signifie pas forcément recommencer comme avant. Parce que y a plus d’avant. Entre temps, y a eu un laps de temps certain de silence. De non-dits, de suppositions à la con qui sont venus nous pourrir le ciboulot. 🧠

Parler ne garantit ni les retrouvailles, ni les excuses, ni la compréhension. Encore moins une fin de film avec violons, champagne, gros câlins et coucher de soleil. 🌅🥂 Scénar pour les amoureux.

Sinon je te laisse imaginer les retrouvailles entre amis avec rattrapage de selfies. 🤳 Ou encore en famille avec grosse teuf et échange de câlins et de cadeaux avec plein de larmes de joie que t’en suffoque. 🎁😭

Parfois, quelques mots permettent simplement de remettre chacun à sa place. De dire ce qu’on n’avait jamais réussi à dire. D’entendre aussi ce que l’autre a vécu.

Parfois ça rapproche. Mais parfois ça confirme qu’une distance est nécessaire. Pis d’autres fois, le silence reste encore la meilleure réponse possible.

Mais au moins, peut-être pouvons-nous nous demander si nous le choisissons réellement. Ou si, avec le temps, c’est lui qui a fini par choisir pour nous.

Une mère et sa fille échangent calmement dans un jardin, puis se saluent depuis leurs maisons respectives.
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Plusieurs scènes montrent une mère et sa fille vivant séparément tandis qu’un enfant naît puis grandit au fil des années.

Parce que le silence a aussi cette particularité : pendant que nous ne savons pas quoi en faire, le temps, lui, continue tranquillement son chemin. ⏳

Les enfants grandissent. Les gens vieillissent. Des anniversaires passent. 🎂 Des repas se font sans nous ou sans eux. Des petits moments complètement anodins que nous aurions pu partager n’existeront jamais.

La vie vient aussi nous rappeler brutalement qu’elle ne nous avait garanti aucun délai. Quelqu’un tombe malade. Quelqu’un disparaît. 🕊️ Je viens de le vivre avec ma voisine qui est partie en deux mois.

Ça m’a fait réfléchir au fait qu’un jour tu es, le lendemain tu n’es plus. Du coup, pour la personne qui est partie, bon bah c’est ainsi, ça fait partie de la vie. Mais pour ceux qui sont restés dans le silence, quelles questions arrivent ? Quels regrets ?

Un jour, nous réalisons que plusieurs mois ou plusieurs années sont passés sans qu’on se rende vraiment compte. ⏳

Alors attention, je ne suis pas en train de dire qu’il faudrait renouer avec tout le monde sous prétexte que demain nous pouvons calancher. Certains silences nous protègent réellement et certaines relations doivent rester à distance.

Mais dans d’autres, je me demande parfois quel sera le prix de toutes ces choses que nous ne vivons pas pendant que nous attendons. 🤔

Parce qu’on pourra peut-être parler demain. Cela dit, c’est clair qu’on ne pourra jamais revivre hier ou revenir en arrière. ⏪

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Je ne crois pas qu’il existe une réponse valable pour tout le monde. Certains silences ont besoin d’être respectés. D’autres ont besoin d’être traversés. Et certains mériteraient peut-être juste trois mots pour commencer. 💬

Pas pour tout réparer, pas pour avoir raison. Ni même pour savoir immédiatement ce que deviendra la relation. Juste pour remettre une parole là où, depuis trop longtemps, il n’y en avait plus. Parce que parfois, le plus difficile n’est pas de se taire. C’est de savoir quoi dire après s’être tus trop longtemps. 🤐

Peut-être que la première question n’est même pas : «Qu’est-ce que je pourrais lui dire ?» Mais plutôt : «Qu’est-ce que ce silence raconte de moi, aujourd’hui ?» 🤔

Bon pour tout te dire, car même si certaines me trouvent zen, je suis humaine hein. 😏 Et actuellement, ben je vis quelques silences. Parfois, je trouve ces situations complètement ubuesques. Pas seulement à cause du silence lui-même. Mais à cause de tout ce qui ne se vit plus pendant ce temps-là. ⏳

Alors parfois je lance quelques petits mots. Il y a peu ou pas de réponse. Le truc c’est qu’est-ce qu’on fait ensuite ? Est-ce qu’on insiste ? Respecte-t-on ce silence ? Est-ce qu’on attend ?

J’en sais rien. 🤷‍♀️ Moi en tout cas, je respecte, mais est-ce la bonne décision ? Pas sûr.

Peut-être que c’est aussi ça, finalement, le plus difficile avec certains silences : accepter que nous ne pouvons pas les rompre tout seuls.

Et toi t’as vécu des silences ?

Ou t’en vis encore des difficiles que tu sais pas par quel bout les prendre ?

Du coup rafale de questions : 💥

Bon je t’avais dit, rafale hein. 😁

Mais du coup, si tu ne sais pas trop quoi répondre, bah écoute on peut en parler. Histoire de détricoter tout ça. 🧶 De regarder d’où viennent les nœuds, ce qui t’appartient vraiment et ce que tu peux enfin arrêter de tenir. Puis avec le fil récupéré, refaire une pelote, pour que tu puisses faire un truc sympa avec.

Parce que tu ne peux peut-être pas rompre le silence toute seule. Mais tu peux choisir ce que tu vas faire de ce qu’il laisse en toi. 🪷

Et si tu veux que je t’accompagne dans ce détricotage, viens me parler. Je te montrerai comment je fais. 🧶